#3 Pendant 5 jours, on a débranché les masques pour se reconnecter à soi, aux autres… et à l’essentiel.

Il y a 2 mois, j’ai eu une idée un peu folle. Réunir des entrepreneurs pendant une semaine. Pas pour parler stratégie ou business.

Mais pour voir ce qu’il se passe quand on enlève les masques, qu’on baisse les armes, et qu’on se laisse transformer par les autres.

J’ai invité 5 personnes. Et ensemble, on a créé un laboratoire humain. Un programme où chacun pouvait se rencontrer (à l’intérieur, comme à l’extérieur).

Ce que je n’avais pas prévu, c’est à quel point ça allait les toucher. Et à quel point, moi aussi, ça allait me bouleverser.

Dans cet article, je te raconte l’expérience via une méthode que j’ai nommée :

👉 l’introspection par l’interaction.

C’est parti ! 👇

Comment j’ai découvert ce que je voulais vraiment transmettre

Pour que tu comprennes cette méthode, je vais remonter 1 an en arrière.

Moi c’est Yoann, et l’année dernière, j’ai traversé une transition majeure.

En 4 ans, j’avais changé six fois de métier dans la tech. À chaque rupture, les mêmes questions existentielles revenaient. Je prenais des décisions plus par peur que par désir, pour retrouver un semblant de sécurité.

Mais une fois cette sécurité atteinte… tout explosait à nouveau. Perte d’énergie. Corps déconnecté. Une boucle.

Et puis un jour, une conversation a tout changé.

J’ai ressenti dans mon corps quelque chose d’incroyable : une montée d’estime de moi comme je n’en avais jamais connue. (Je t’en parle en détail dans un autre article, si tu veux en savoir plus.)

Et comme souvent, une prise de conscience n’arrive jamais seule.

Quelques semaines plus tard, j’ai participé au Bootcamp de la Paradox Foundation. 5 jours en pleine nature, avec une vingtaine de jeunes, pour se retrouver et chercher des réponses à nos grandes questions.

J’ai vécu des connexions humaines d’une intensité que je ne pensais pas possible en si peu de temps.

→ 1 an après, j’ai eu envie de transmettre ça à mon tour. J’ai donc créé une immersion pour entrepreneurs.

Un espace pour leur faire vivre :

Pour faire vivre cette expérience, j’ai donc ouvert les portes de ma maison à Guérande pendant deux semaines.

Cinq entrepreneurs ont répondu à l’appel :

Il faut savoir que la plupart de ces entrepreneurs sont en transition. Par exemple, Adèle vient de lever de l’argent et donc souhaite scaler son activité. Eliott de son côté, passe d’un modèle freelancing à un modèle produit (avec une formation). Ou bien Victor, après 10 ans d’entrepreneuriat en solo, s’associe.

Ensemble, on a exploré une question :

Que devient l’identité entrepreneuriale lorsqu’on diminue notre ego, au profit d’un lien authentique aux autres et à soi-même ?

Cette question m’obsède. Car je suis convaincu d’une chose : la plupart des “problèmes business” ne sont pas des problèmes business. Ce sont des nœuds d’ego, des blessures relationnelles, des désalignements internes. Des manques d’estime de soi, déguisés en stratégie.

J’ai donc conçu un programme pour expérimenter une méthode que j’appelle l’introspection par l’interaction.

Un cadre dans lequel l’autre devient un miroir. Et soi, une ressource à redécouvrir. Le tout au service d’un entrepreneuriat plus libre, plus incarné, plus aimant.

Déroulé de l’immersion

Pour explorer la question écrite au-dessus, j’avais prévu un thème par jour avec des ateliers qui mêlaient théorie et pratique.

🌿 Jour 1 — Nos blocages

On a commencé par explorer les états de survie dans lesquels notre cerveau nous enferme. Et on a laissé le corps parler, grâce à un atelier de chant thérapeutique. Des voix qui tremblent, des regards fuyants, puis des rires, des larmes. Et quelque chose qui se relâche, doucement.

Le groupe a réellement commencé à naître et à se faire confiance après cet atelier.

🌱 Jour 2 — Notre singularité

On est allé chercher les valeurs invisibles qui guident nos choix. Pas de valeurs morales. Mais ce qui compte réellement dans notre quotidien.

Via des questions du style : Quels sont les activités qui t’énergisent le plus qui ont le plus de sens pour toi ? Quels sont tes 3 principales sources de dépenses ?

C’était plus cérébral que le jour 1. Mais c’est là que beaucoup ont commencé à relier les fils : ce vide ressenti dans l’enfance… et cette quête actuelle. Ce qu’ils cherchent à combler… dans leur posture d’entrepreneur.

La première partie de la semaine sert à recueillir, observer et s’appuyer sur le vécu personnel des participants (jours 1 et 2).

✍️ Jour 3 — Le manifeste

Moins de théorie. Juste une invitation : écrire le manifeste de ce qu’ils portent au monde.

On a ouvert la séance avec un rituel pour se connecter au cœur.

J’ai demandé aux entrepreneurs de regarder dans les yeux de la personne d’en face et à travers une méditation guidée, percevoir l’enfance de la personne d’en face…

Ça a commencé par des rires mais rapidement en larmes. Comme si on entrait dans l’histoire d’une vie.

Et puis, chacun a écrit leur manifeste personnel. La vision qu’ils veulent voir apparaître dans le monde via leurs actions. Pour dire ce qui compte réellement pour eux.

Le soir, ils ont lu leur manifeste à voix haute devant les autres. C’était vibrant. Inoubliable.

Le corps ne ment jamais quand on lit ces lignes devant les autres. Ce moment d’expression orale aide l’entrepreneur à prendre conscience des ajustements à faire.

Le jour 3 est une journée pivot, un moment clé où chacun manifeste son vécu, ce qui déclenche une prise de conscience collective et individuelle, ouvrant une nouvelle manière de voir les choses — une nouvelle grille de lecture.

🧬 Jour 4 — Nos relations

Le thème que je redoutais… et que j’aime le plus.

On a parlé de famille. De blessures anciennes. De loyautés invisibles. Et surtout, on a préparé une vraie conversation : celle que chacun redoute, avec un parent, un frère, une sœur.

Certains ont eu cette discussion dès la fin de l’immersion. Et les retours m’ont bouleversé.

Parce que ce que tu n’as pas réglé avec tes parents, tu le rejoues dans ton business. Besoin de reconnaissance. Peur de décevoir. De ne pas être “à la hauteur”.

🎥 Jour 5 — L’interview

Dernier jour. Pas d’atelier. Un face-à-face filmé avec chacun.

Je les ai accompagnés à raconter leur histoire. Avec l’objectif d’incarner leur manifeste. Pour ressentir de l’amour pour ce qu’ils ont traversé.

Adèle en parle mieux que moi :

“Pour moi, il s’est passé quelque chose de l’ordre de la puissance spirituelle et énergétique dans la pièce, ce vendredi après-midi. J’ai eu la sensation d’entrer dans un tunnel. J’avançais, mais cette fois, à un rythme plus lent, plus conscient. Tout ce qu’il y avait autour a disparu. Plus rien n’existait excepté ce moment. La vibration dans la pièce était forte. Elle a déclenché des émotions intenses, mais aussi du mouvement, des prises de conscience, des réalignements profonds — et cette fois, à travers le corps.”

Comme elle dit si bien. Cette interview marque au fer rouge à travers leur corps les prises de conscience pendant cette semaine. Je les aide à être dans le vrai et mettre en avant leur super pouvoir d’entrepreneur.

Les jours 4 et 5 sont consacrés à expérimenter, approfondir et intégrer cette nouvelle grille de lecture, dans leur relation aux autres comme à eux-mêmes.

Si tu souhaites plus de détail sur la programmation de l’immersion, dis-le moi dans les commentaires. En fonction de l’intérêt, j’écrirai un autre article sur le sujet.

🔄 L’introspection par l’interaction

Pour éviter que cet article soit trop long, je rédigerai un article sur la méthode. Cette partie n’est juste une explication rapide afin d’en comprendre le sens.

« Aller à la rencontre des autres, c’est aller à la rencontre de soi ».

Cette méthode, que j’appelle l’introspection par l’interaction, repose sur cette double démarche :

La clé est une boucle simple :

Interaction : l’autre nous renvoie des émotions, des jugements, des peurs cachées. C’est un déclencheur qui réveille notre ego, sans l’expliquer.

Introspection : après ce réveil, on accueille avec bienveillance ce qui surgit en nous, sans juger. On se demande : « Que ressens-je ? Qu’est-ce que cela touche en moi ? »

Connaissance/conscience de soi : en observant ces sensations et émotions, on se découvre plus profondément. Cette conscience ouvre la voie à l’amour de soi.

Quand cette boucle est vécue avec attention, une « vérité » apparaît. Cet amour de soi libère notre besoin d’approbation extérieure. On agit alors non pour se prouver, mais pour servir, en accord avec qui l’on est vraiment.

Ce process est fortement inspiré de la communication non violente, d’Eckhart Tolle, de Jung et d’autres Grands Penseurs. Ces derniers m’ont permis de mettre des mots sur une expérience vécue il y a 1 an comme dit précédemment. Alors je n’essaye pas de réinventer la roue mais de faire circuler des idées qui me sont chères.

Je te parle en détail de cet événement dans un autre article, si tu veux en savoir plus.

Pendant la semaine, les entrepreneurs naviguent en permanence dans cette boucle, faisant grandir leur conscience d’eux-mêmes à chaque passage. Les échanges viennent briser le monologue intérieur (tu sais la rumination qui enferme tant d’entrepreneurs dans une cage mentale). Alors que les temps introspectifs leur permettent de plonger dans leur histoire et faire des liens avec leur présent d’entrepreneur.

Les transformations des entrepreneurs

Rappelons-nous d’abord de la question initiale :

Que devient l’identité entrepreneuriale lorsqu’on diminue notre ego, au profit d’un lien authentique aux autres et à soi-même ?

Comme je te partageais plus haut, les entrepreneurs sont tous en transition.

Scaler et recruter, s’associer ou de passer de freelance à entrepreneur/créateur.

Et pour chaque entrepreneur, comprendre pourquoi incarner leur vision et pourquoi c’était si important pour eux étaient primordial dans ce momentum.

Je vais être honnête, en commençant mes immersions, j’étais encore flou sur la proposition de valeur et donc indirectement, à qui s’adressait cette immersion.

Mais bizarrement, ils arrivaient tous sur une fin de cycle.

Et l’immersion répondait parfaitement à ces demandes…

Comme si quelque chose s’était aligné entre ce qu’ils vivent, ce qu’ils comprennent… et ce qu’ils sont prêts à incarner.

Comme dit Eliott : “En fin de cycle, on sait ce qu’on ne veut plus, mais on ne sait pas clairement ce qu’on veut. L’immersion redonne du sens… en allant en profondeur. Elle m’a donné un énorme boost de compréhension. Et donc, naturellement… d’un énorme boost d’énergie.”

C’est ça qui m’a frappé. Quand tu comprends vraiment ce qui se joue en toi et pas juste avec ta tête, mais avec ton corps, ton cœur, tu n’as plus besoin de te forcer. Tu te remets en mouvement presque malgré toi.

Et puis il y a eu cette phrase aussi…

“J’ai cassé une carapace que je bosse à faire péter depuis 12 ans. Je pensais pas qu’en une semaine c’était possible.”

Une sorte de reconnaissance intérieure : “Je me suis rencontré.”

Et puis, il y a eu des déclics :

“J’ai compris pourquoi j’avais du mal à incarner ma vision.” “Et pourquoi je tiens tant à le faire maintenant.”

Entre ces deux phrases, il y a tout le chemin de la semaine. Entre peur et désir. Entre confusion et alignement. Entre un ego qui veut faire bien… et une âme qui veut faire juste.

Alors forcément, à ce moment-là, je me suis posé la question : qu’est-ce qui s’est vraiment transformé chez eux ?

Parce que je ne veux pas immiscer seulement une prise de conscience théorique.

Ils sont arrivés avec des “sujets” : stratégie, posture, cap à (re)trouver… Mais ce qu’ils ont vraiment touché, c’est eux-mêmes, sans le filtre.

Et à travers ça, leur posture d’entrepreneur s’est déplacée. Elle est devenue plus habitée. Moins contrôlée, plus incarnée.

Ils sont repartis avec des choses très concrètes — certains ont repris la parole avec une authenticité qui a fait trembler toutes les âmes dans la pièce…

“Lisa a quitté sa place en larmes, se dirigeant vers la gauche. Elle m’a dit qu’elle avait ressenti, dans tout son être, ce que j’exprimais. C’était comme si mes mots résonnaient avec quelque chose de profondément enfoui en elle. Victor, lui, est allé tout au fond de la salle. Comme un mouvement de recul, mais aussi une forme de révélation. Il ne me quittait pas des yeux. On sentait que quelque chose se déplaçait en lui. Et puis, il y avait Yoann, qui m’interviewait. Il est resté solide, présent, tenant l’espace avec beaucoup de calme. Mais à un moment, je me souviens avoir croisé son regard, ses yeux étaient embués, tristes. Quelque chose l’avait touché, “touché au coeur” comme il m’a dit. Sans un mot, c’était perceptible. Ce n’était pas de l’émotion spectaculaire, mais une tristesse fine, silencieuse, presque sacrée. Comme si, lui aussi, sentait que quelque chose d’important était en train de se jouer, là, dans cette pièce.”

D’autres ont eu une discussion avec leur famille.

Mais surtout, ils sont repartis avec un regard juste sur ce qu’ils portaient déjà.

Quand on calme un peu l’ego, qu’on se relie à plus grand que soi, et qu’on laisse le lien faire son taf… La magie opère à ce moment là.

Un autre article sera publié sur les transformations des entrepreneurs 1 mois après cette immersion. Ainsi que 6 mois après.


Maintenant, j’ai un rêve. Celui d’un entrepreneuriat fondé sur l’estime de soi, la vulnérabilité partagée et la puissance du lien.

Un entrepreneuriat où notre ego : cette construction mentale façonnée pour plaire, performer ou protéger, ne dicte pas 95 % de nos décisions.

Un entrepreneuriat où l’on réintègre notre essence : cette part de nous vivante, aimante, non conditionnée et notre corps : cette mémoire vivante de ce qu’on ne veut pas (ou plus) voir.

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